Les Bouillons Parisiens Chartier

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Nous sommes à la Belle Époque, à la fin du XIXe siècle.

Paris se transforme : sous l’impulsion du Baron Haussmann, la ville se modernise.
De larges avenues remplacent les ruelles étroites, de nouveaux quartiers apparaissent, et les Parisiens découvrent le plaisir de flâner dans une capitale en pleine effervescence.

Mais pour mener à bien ces immenses travaux, il faut de la main-d’œuvre.
Des milliers d’ouvriers arrivent de toute la France… et il faut bien les nourrir !

C’est alors qu’un boucher, Baptiste Adolphe Duval, a une idée de génie.
Le 3 juin 1855, il ouvre un vaste restaurant de 800 m² où il sert de la viande dans un bouillon nourrissant.
L’endroit peut accueillir 600 personnes à la fois !
Le succès est immédiat : les journaux parlent d’une « véritable révolution dans l’art culinaire parisien », et l’on raconte que plus de 1 000 clients s’y pressent chaque jour.

Quelques décennies plus tard, en 1896, deux frères, Frédéric et Camille Chartier, se lancent à leur tour dans l’aventure.
Ils ouvrent un nouveau bouillon, rue du Faubourg Montmartre, tout près des Grands Boulevards.
L’endroit, immense et animé, rappelle un hall de gare, mais décoré dans un somptueux style Art Nouveau.
Le principe est simple : un vrai repas, à petit prix, servi rapidement, dans une ambiance populaire et chaleureuse.

Le restaurant a tout sur place : une cave à vin, une blanchisserie pour le linge, et même un meuble à casiers où les clients fidèles rangent leur rond de serviette.

Le décor

Les Bouillons Chartier ont gardé l’esprit de la Belle Époque :
de hauts plafonds, de grandes colonnes, d’immenses miroirs, des lustres étincelants…
Une grande horloge, posée sur un mur de miroirs, rappelle le passage du temps.
Et la légende raconte que certaines fresques auraient été peintes par un artiste venu… régler ses dettes de repas !

Le service

Ouvert 365 jours par an, le Bouillon Chartier reste fidèle à la tradition.
Au menu : œufs durs mayonnaise, bœuf bourguignon, boudin noir et bien d’autres plats populaires.
Les serveurs, vêtus d’un gilet noir et d’un long tablier blanc, notent encore les commandes directement sur la nappe en papier.
Les tables sont proches les unes des autres, et la salle bourdonne de conversations : une ambiance vivante et typiquement parisienne !

Aujourd’hui

Trois Bouillons Chartier perpétuent cette tradition.

Le premier, ouvert en 1896 au 7 rue du Faubourg Montmartre, accueille toujours ses clients au même endroit.
Le second, inauguré en 1903 au 59 boulevard du Montparnasse, a retrouvé son nom d’origine en 2019. Ses superbes décors en céramique sont classés Monuments Historiques.
Et le dernier-né, ouvert en 2022 en face de la Gare de l’Est, recrée fidèlement l’atmosphère des bouillons d’autrefois.

Et les autres ?

La famille Chartier a également créé d’autres établissements au fil du temps :

Le célèbre Procope, transformé un temps en Bouillon Chartier, avant de reprendre son nom d’origine.
Le Bouillon du boulevard Saint-Germain, devenu aujourd’hui la Brasserie Vagenende.
Le Bouillon Julien, rue du Faubourg Saint-Denis, qui conserve encore ses décors classés.
Le Bouillon Racine, ouvert par Camille Chartier, toujours visible dans son magnifique décor Belle Époque.

D’autres ont disparu, comme celui de la rue de la Fidélité, ou encore l’annexe de la rue de Richelieu, active jusque dans les années 1990.

Alors, si vous voulez remonter le temps,
goûter à une tranche d’histoire parisienne,
et retrouver l’ambiance conviviale de la Belle Époque…

Allons donc déjeuner dans un Bouillon Chartier !

Article Société Historique de Longpont

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